Quand Harry rencontre Sally (1989) de Rob Reiner

Aujourd’hui, pour les lecteurs de ce blog, voici donc Quand Harry rencontre Sally, la reine de rom com des années 80 qu’on a tous aimée – en tout cas ceux de ma génération, j’avais 18 and quand c’est sorti – à l’époque … et dont on se demande ce qu’on va en penser vingt-cinq ans après. Le film ayant été restauré et redistribué sur les écrans londoniens, j’ai décidé d’aller me rafraîchir le mémoire.

L’histoire est connue : le jour de leur sortie d’université, Harry Burns va passer 18 heures de voiture en compagnie de Sally Albright pour aller de Chicago jusqu’à New York où tout les deux vont essayer de se lancer dans la vie. Ce long trajet est propice à de nombreuses discussions dont une sur la possibilité de nouer une amitié entre un homme et une femme. Au cours des douze années qui vont suivre – le film s’étend sur toute la période – il vont avoir la possibilité de tester cette théorie car leur chemins vont se croiser plusieurs fois, de manière fortuite, à tel point qu’ils vont finir par devenir « amis » … du moins le croient-ils.

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Harry, c’est Billy Crystal. C’est un comédien – de nos jours on dirait ‘humoriste’ – américain qui a rencontré un certain succès dans les années 80 ce qui lui a permis de faire du cinéma – même si le rôle d’Harry reste son plus haut fait d’armes -. Je trouve l’acteur ou le comédien énervant, à moins que ce ne soit son personnage avec qui, je dois l’admettre, il fait corps. Il joue donc le mec très sûr de lui, faussement décontracté, égocentique, très new yorkais d’une certaine manière et qui a des théories foireuse sur tout qu’il débite d’un ton péremptoire, sans laisser les autres en placer une.

Sally, c’est Meg Ryan qui est aussi – je trouve – une actrice énervante. C’est dire si leur couple est assorti. Elle joue beaucoup de sa frimousse, a une manie tout à fait horripilante dans le film de déconstruire un menu ingrédient par ingrédient lorsqu’elle passe commande au restaurant et tend à se compliquer passablement la vie sur des choses simples. C’est elle aussi une new yorkaise pur jus, célibataire et fière de l’être, enfin en apparence, une sorte de Carrie Bradshaw (vous savez, l’héroïne de Sex and the city, jouée par Sarah Jessica Parker) de la fin des années 80. En fait, on a un duo d’acteurs énervants qui jouent des personnages énervants : pas grand chose à dire là-dessus, le casting et plutôt réussi

Le film a deux parties avec glissement graduel de la première à la seconde. Dans sa première partie, il enchaîne les situations rigolotes – je n’irai pas jusqu’à dire hilarantes – en jouant sur les oppositions entre les deux personnages : la désinvolture de Harry, ses théories machistes a deux balles assénées avec certitudes qui choquent Sally profondément avec le point culminant lors de la célèbre scène de l’orgasme simulé – d’ailleurs l’un des rares moment de cette partie où Harry est mis en difficulté dans la conversation -.

Cette scène est mythique. Je l’avais déjà vu il y a vingt-cinq ans et je n’attendais pas grand chose d’elle mais je dois dire que contre toute attente … je l’ai trouvée très bien : Ryan simule vraiment très bien et l’humour est amplifié par l’attitude de Billy Crystal pendant une scène qui aurait du être embarrassante : un flegme olympien, il regarde Sally avec curiosité, presque avec amusement. Le contraste entre le côté gênant de ce genre de saillies et la désinvolture narquoise de Crystal fait plutôt mouche. Cette scène est probablement la raison de la postérité du film. La réplique finale « donnez-moi la même chose qu’elle » – prononcée par Estelle Reiner, la mère du réalisateur – est désormais devenue un classique.

Dans la deuxième partie, l’humour s’efface progressivement au profit du mélo. C’est la partie « rom » du film tandis que le début serait plutôt la partie « com ». Ce morceau est à mon avis moins réussi, d’abord parce que la fin est archi-attendue, on la voit venir à des kilomètres et le fait que les deux personnages ne se soient pas aperçus qu’il y avaient idylle sous roche ne les rend que plus énervants; on a moins d’indulgence pour eux donc moins d’empathie. Le défaut d’identification aux protagonistes d’un film n’est pas gênant dans une comédie, le but est de faire rire, donc pas de contrainte de réalisme, dans un film d’amour / romantique, c’est déjà un peu plus ennuyeux. Le baiser, la nuit d’amour immédiatement regrettée, tout cela m’a semblé caprices voire préciosité. Ce n’est pas déshonorant ni niais, Reiner a un scénario classique, sans surprises, qu’il déroule jusqu’au bout mais il n’y a pas de raison de s’extasier non plus.

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La devise du film qu’il essaie d’illustrer est cette déclaration péremptoire d’Harry au début du film comme quoi : « l’amitié entre un homme et une femme est impossible car il y aura toujours le sexe entre les deux ». C’est intéressant, quoique pas très profond, c’est le genre de truc dont on discute entre potes autour d’une table et d’une bouteille de vin blanc jusqu’à quatre heures du matin. Le film développe son histoire qui vient en fin de compte confirmer cet aphorisme par l’exemple. A titre personnel, je pense le contraire mais je ne suis pas réalisateur de cinéma.

Le clou est enfoncé par une des jolies trouvailles du film qu’on voit, à intervalles réguliers, en introduction de chaque nouveau « chapitre » de l’histoire. On y voit des couples d’âge mûr assis sur un canapé qui racontent les circonstances de leur rencontre et concluent on rappelant qu’elle a été le début d’une longue et heureuse relation. Ces histoires sont de vraies histoires mais sont narrées par des acteurs, pas par ceux qui les ont vécues. Une joile trouvaille, assez décalée et en fin de compte assez touchante.

C’est tout pour Quand Harry rencontre Sally. Un film honnête, divertissant, qui ne justifie en aucun cas les préventions que j’ai traditionnellement contre les comédies romantiques et qui en fin de compte, vaut le détour.

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